
J’ai accompagné Théo l’année dernière. Brillant élève à Nantes, spécialités Maths-SVT, parents confiants. Premier semestre de PASS : catastrophe. En décembre, il voulait tout arrêter. Son erreur ? Avoir cru que son niveau de terminale suffirait. Il a finalement intégré médecine, mais via L.AS, avec un an de retard. Cette année perdue, il aurait pu l’éviter.
Chaque année, je vois des lycéens talentueux trébucher sur le même écueil. Ils pensent que la difficulté du PASS se résume à la quantité de travail. Faux. Le vrai défi, c’est d’arriver avec les bonnes bases scientifiques et une méthodologie adaptée au rythme universitaire. Ça se prépare maintenant, pas en septembre.
- Anticiper dès la terminale multiplie vos chances de réussir le PASS
- Renforcez vos bases en chimie et physique avant tout
- Optimisez votre dossier Parcoursup (notes + lettre motivation)
- Une prépa terminale santé peut aider, mais n’est pas obligatoire
Pourquoi la terminale est votre meilleure arme pour réussir en PASS
Soyons clairs : le PASS n’est pas une course de fond, c’est un sprint avec des haies. Et ces haies, vous pouvez apprendre à les sauter avant même la ligne de départ. Selon la note flash SIES de novembre 2024, 40% des bacheliers 2021 ont été admis en deuxième année de filières MMOPK en un ou deux ans. Ce chiffre cache une réalité que je constate chaque année : ceux qui réussissent du premier coup ont souvent anticipé.
36%
des étudiants PASS réussissent en un an, contre 17% en L.AS

Dans mon accompagnement d’étudiants, je constate régulièrement que ceux qui arrivent en PASS avec des lacunes en chimie organique et en physique se retrouvent en difficulté dès les premières semaines. Ce rattrapage en urgence pendant le PASS est épuisant et souvent contre-productif. Avant de vous lancer, prenez le temps de bien comprendre le cursus des études de médecine et ses exigences sur 9 à 12 ans.
Ce que les chiffres ne disent pas : L’écart entre PASS et L.AS (36% vs 17% de réussite en un an) s’explique en partie par le niveau de préparation initial. Les étudiants qui choisissent le PASS ont souvent davantage anticipé leur préparation.
Franchement, si vous lisez cet article en terminale, vous avez déjà une longueur d’avance. La majorité des lycéens ne réfléchissent au PASS qu’au moment de Parcoursup, en janvier. À ce stade, il reste quatre mois pour renforcer des bases qui auraient dû être consolidées depuis septembre.
Les 3 piliers d’une préparation efficace dès la terminale
Je ne vais pas vous mentir : il n’existe pas de formule magique. Mais après avoir suivi des dizaines de lycéens, j’ai identifié trois axes qui font vraiment la différence. Pas douze, pas sept. Trois.
Votre plan d’action en terminale
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Renforcer vos bases scientifiques
Chimie organique, biochimie, physique : ces matières représentent le cœur du premier semestre PASS. Si vous avez des difficultés en terminale, elles seront amplifiées à la fac. Travaillez vos points faibles maintenant, pas en septembre.
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Acquérir une méthodologie efficace
Le PASS demande de mémoriser des centaines de pages en quelques semaines. Les techniques de mémorisation active, les fiches synthèse, le travail par QCM : ça s’apprend avant d’être submergé par le rythme universitaire.
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Soigner votre dossier Parcoursup
Vos notes de première et terminale comptent. La lettre de motivation aussi. Ce n’est pas le moment de relâcher la pression au troisième trimestre.

D’après les données L’Étudiant sur les spécialités PASS 2025, la moitié des admis en PASS suivaient les spécialités Physique-Chimie et SVT en terminale. Maths + Physique-Chimie représente environ un tiers des admis. Sans spécialité scientifique, le taux d’admission chute dramatiquement.
Mon conseil terrain : Je recommande toujours de commencer par un diagnostic honnête de vos lacunes en physique-chimie. C’est la matière qui fait le plus trébucher les bons élèves en PASS. Un 14/20 en terminale peut cacher des failles qui deviendront des gouffres à la fac.
L’erreur la plus fréquente que je rencontre chez les terminales ? Sous-estimer l’importance des bases en chimie organique. Les lycéens qui arrivent en PASS avec des lacunes dans ce domaine passent leur premier semestre à rattraper au lieu d’avancer. Certains lycéens choisissent de suivre une prépa terminale santé justement pour combler ces lacunes avant la rentrée universitaire.
Prépa terminale santé : pour qui et comment choisir
Je pense à Élodie, 17 ans, que j’ai accompagnée il y a deux ans. Terminale spécialités SVT-Physique dans un lycée de banlieue parisienne, notes moyennes en physique (12/20). Elle hésitait entre prépa privée et révisions autonomes. Elle a finalement suivi une prépa terminale, renforcé ses bases, et s’est retrouvée dans le numerus en fin de première année PASS. Son retour : l’anticipation des bases scientifiques a fait la différence, pas la quantité de travail en PASS.

Faut-il pour autant passer par une prépa privée ? Pas nécessairement. D’après les statistiques de réussite PASS 2024, 47,5% des étudiants PASS intègrent les filières santé, contre 25,7% en L.AS. Mais ces chiffres reflètent davantage le profil des étudiants que l’effet de la préparation.
Avantages d’une prépa terminale
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Encadrement structuré et rythme imposé
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Anticipation du programme PASS (chimie, biologie)
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Acquisition de la méthodologie universitaire
Limites à considérer
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Coût significatif (plusieurs centaines à quelques milliers d’euros)
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Charge de travail cumulée avec le bac
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Efficacité variable selon les organismes
Il existe des alternatives gratuites ou peu coûteuses. Les tutorats universitaires, encadrés par des étudiants de 2e et 3e année ayant réussi, proposent des stages de pré-rentrée et un accompagnement tout au long de l’année. À Bordeaux, Paris ou Brest, ces dispositifs offrent colles hebdomadaires, fiches de cours et parrainage moral pour une cotisation symbolique (souvent gratuite pour les boursiers).
Ce que je conseille selon votre profil : Si vous avez des bases solides et une bonne autonomie de travail, le tutorat universitaire suffit. Si vous avez des lacunes identifiées ou besoin d’un cadre strict, une prépa terminale peut valoir l’investissement. Cette liste n’est pas exhaustive, renseignez-vous auprès de votre future université.
Questions fréquentes sur la préparation au PASS depuis la terminale
Ce sont les questions que me posent systématiquement les lycéens et leurs parents. Je réponds sans détour.
Faut-il absolument une prépa pour réussir le PASS ?
Non. Les étudiants qui réussissent sans prépa existent, et ils sont nombreux. Ce qui compte, c’est d’arriver avec des bases scientifiques solides et une méthodologie adaptée. Une prépa peut aider à structurer cette préparation, mais elle n’est pas un sésame. J’ai vu des élèves échouer malgré une prépa coûteuse, et d’autres réussir en autodidacte.
Quelles spécialités choisir en terminale pour le PASS ?
Physique-Chimie est quasi indispensable. La combinaison Physique-Chimie + SVT représente la moitié des admis. Maths + Physique-Chimie fonctionne aussi très bien. Sans spécialité scientifique, l’admission devient très difficile (22% d’admission pour des profils SES-HGGSP selon les données du ministère).
Comment gérer le bac et la préparation au PASS en même temps ?
En priorisant intelligemment. De septembre à décembre, concentrez-vous sur le renforcement des bases scientifiques et votre dossier Parcoursup. De janvier à mars, finalisez vos vœux (le calendrier officiel Parcoursup 2026 indique une ouverture des inscriptions le 19 janvier). D’avril à juin, focalisez-vous sur le bac tout en maintenant une veille méthodologique.
Le dossier scolaire compte-t-il vraiment pour le PASS ?
Oui, pour l’admission via Parcoursup. Vos notes de première et terminale, vos appréciations, votre lettre de motivation : tout est examiné. Une fois admis en PASS, seuls les résultats universitaires comptent pour le classement final. Mais si votre dossier est faible, vous risquez de ne pas obtenir la fac de votre choix.
PASS ou L.AS : quelle voie choisir ?
Le PASS offre un taux de réussite supérieur (environ 34% en un an contre 20% en L.AS), mais il est plus intensif et sans filet de sécurité. La L.AS permet une réorientation plus douce en cas d’échec. Si vous êtes certain de votre vocation et prêt à l’intensité, choisissez le PASS. Si vous avez des doutes ou un profil atypique, la L.AS peut être plus adaptée.
Si vous hésitez encore sur votre orientation ou souhaitez explorer d’autres options, consultez notre panorama des filières en santé pour découvrir toutes les possibilités au-delà de la médecine.
La prochaine étape pour vous
Votre plan d’action pour les prochaines semaines
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Faire un diagnostic honnête de vos lacunes en physique-chimie et chimie organique
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Identifier les ressources disponibles : tutorat de votre future fac, prépa terminale, ou travail autonome
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Planifier votre préparation Parcoursup pour janvier (lettre de motivation, choix des vœux)
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Commencer à travailler votre méthodologie de mémorisation active dès maintenant
Plutôt que de vous angoisser sur les statistiques d’échec, posez-vous cette question : qu’est-ce que je peux mettre en place dès cette semaine pour arriver en PASS avec une longueur d’avance ? La réponse est rarement dans un conseil supplémentaire. Elle est dans l’action concrète, maintenant.